LE TRAVAIL DECENT EN NOUVELLE-ZELANDE: REFLECHIR GLOBALEMENT ET AGIR LOCALEMENT
La semaine dernière, le gouvernement, les employeurs et les travailleurs de Nouvelle-Zélande ont lancé une nouvelle campagne et un site web sur le travail décent. Cette initiative renforce la position de leader de ce pays dans la promotion d'emplois plus nombreux et de meilleure qualité, de la protection sociale, des droits fondamentaux au travail et du dialogue social. Reportage de BIT en ligne.
La Nouvelle-Zélande, membre fondateur de l'OIT, a souvent joué les pionniers en matière de justice sociale.
Les femmes y ont obtenu le droit de vote en 1893, avant tout autre pays, et en 1894 ses citoyens ont élu la première femme maire de l'Empire britannique. Cinq ans après seulement, la Nouvelle-Zélande est devenue le premier pays au monde à légiférer sur la journée de travail de huit heures - bien avant que l'OIT ne soit prête à adopter sa convention de référence sur la durée du travail (dans l'industrie) en 1919 qui limitait les heures travaillées dans l'industrie au nombre de huit par jour.
Le dialogue social et le partenariat sont également des traditions de longue date dans ce pays. Les syndicats ont officiellement été reconnus en 1894 à la condition qu'ils soient enregistrés, ce qui les contraignait à se soumettre à l'arbitrage avant d'engager une action professionnelle.
Aujourd'hui, le lancement d'une nouvelle campagne sur le travail décent n'est pas une surprise. Cette campagne - menée conjointement par le ministère du Travail, le Conseil néo-zélandais des syndicats et Business New Zealand, le patronat néo-zélandais - comprend un nouveau site web "Travail décent: sur la piste du progrès"; elle fait de la Nouvelle-Zélande un chef de file pour la promotion du travail décent pour sa propre main-d'œuvre et pour la région Asie-Pacifique.
"L'OIT a pour but de changer la vie de millions de personnes dans le monde en améliorant le bien-être social et économique des pays dans lesquels elles vivent. C'est un objectif vital si l'on se réfère aux statistiques - 12,3 millions de personnes dans le monde sont victimes du travail forcé, et la moitié de la population mondiale gagne moins de deux dollars par jour", a déclaré le ministre du Travail de Nouvelle-Zélande, Ruth Dyson lorsqu'elle a lancé le nouveau site web sur le travail décent.
L'inauguration du site marque l'apogée d'une idée lancée par la Nouvelle-Zélande lors de la réunion des Membres de l'OIT de la région Asie-Pacifique. La Nouvelle-Zélande a imposé l'idée d'une perspective nationale du travail décent à travers la région, pour montrer en particulier que le travail décent est une voie qui permet aux pays de progresser et de se développer.
Faire du travail décent une réalité
Pour concrétiser l'idée du travail décent pour tous, le site web identifie les facteurs qui constituent des étapes importantes pour atteindre cet objectif en Nouvelle-Zélande et regroupe l'information relative aux activités qui y contribuent. Le grand public pourra répondre au gouvernement et aux partenaires sociaux via le site web.
Selon le ministère, la Nouvelle-Zélande prend la tête du mouvement en adoptant une approche nationale qui répond à l'objectif de l'OIT d'un travail décent pour tous en identifiant les facteurs indispensables à sa réussite. Cela suppose d'adopter une législation favorable aux travailleurs et aux employeurs, d'aider les familles et les parents à concilier travail et vie familiale, d'accroître les capacités de ceux qui travaillent, d'améliorer l'environnement de travail des employés et des entrepreneurs, de participer à des forums internationaux et de développer des accords internationaux relatifs au travail.
"Ce site web est un instantané de là où nous en sommes dans notre cheminement vers le travail décent. Il illustre le fait que les principes du travail décent existent sur le marché du travail néo-zélandais, dans des activités menées par une grande diversité d'agences gouvernementales et non gouvernementales", explique Mme Dyson.
Cet instantané sera régulièrement mis à jour pour suivre les nouveaux progrès réalisés et s'assurer que le projet reste pertinent pour le marché du travail de Nouvelle-Zélande. Ce site sera un outil précieux pour quiconque s'intéresse au travail décent, que ce soit en Nouvelle-Zélande ou ailleurs.
"Dans le contexte actuel de déficits de travail et de compétences, il est vital que les lieux de travail de Nouvelle-Zélande soient attractifs pour les travailleurs et l'initiative pour le travail décent s'inscrit dans cette perspective. L'implication de la Nouvelle-Zélande est l'occasion, en tant que membre fondateur de l'OIT, de soutenir un objectif mondial, de grande portée. Cela apporte aussi à la Nouvelle-Zélande des bénéfices sociaux et économiques conséquents", précise Mme Dyson.
L'initiative pour le travail décent positionne la Nouvelle-Zélande comme partie prenante d'une stratégie mondiale en faveur du travail décent pour tous. En décembre 2006, le Conseil européen des ministres a adopté une série de conclusions sur la promotion du travail décent dans l'Union européenne et dans le monde, affirmant qu'il apporterait tout son soutien aux efforts visant à faire du travail décent une réalité mondiale.
En 2005 déjà, le Sommet mondial des Nations Unies avait apporté un fort soutien à l'objectif du plein emploi productif et du travail décent pour tous comme partie des efforts menés à l'échelle mondiale pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement. Une autre percée s'est fait jour en juillet de l'année dernière lorsque le Débat de haut niveau du Conseil économique et social des Nations Unies a adopté à Genève le travail décent comme objectif mondial.
Fuente: www.ilo.org